La violence conjugale, une forme de maltraitance

Les thérapeutes de Prohypnose ne peuvent intervenir sur des séquelles liées à l’enfance sans avoir des connaissances pointues sur les différentes formes de maltraitance. Pour cette raison, tous nos hypnothérapeutes sont formés en étroite collaboration avec des professionnels du champ de l’enfance et plus précisément celui de la protection de l’enfance. En ce qui concerne les violences conjugales, l’hypnose va se concentrer plus spécifiquement sur l’accompagnement des adultes qui ont subi ce type de violences. Les professionnels et la neuroscience sont tous, aujourd’hui, unanimes sur cette maltraitance et il est bon, en premier lieu, de distinguer des conflits conjugaux :

  • Dans les conflits conjugaux : deux points de vue s’opposent avec une réciprocité dans les interactions. Dans le conflit, le couple trouve ou pas un consensus, éventuellement un accord ou peut tout aussi rester sur un désaccord. Le plus souvent le couple négocie une solution ensemble. Ce modèle que l’on peut qualifier de démocratique met deux adultes sur un pied d’égalité
  • Dans les violences conjugales : les agressions, désaccord sont cumulatifs, s’aggravent et s’accélèrent mais toujours dans un rapport de pouvoir qui n’est pas équilibré mais asymétrique. Ce modèle peut être qualifié de dictatorial qui met un adulte dans une position basse par rapport à l’autre.

Les violences conjugales ne se limitent à une violence physique mais abordent différents vecteurs que nous pouvons repérer ainsi :

  • Violences psychologiques
  • Violences verbales
  • Violences économiques
  • Cyber violences et surveillance
  • Violences sexuelles
  • Violences physiques

L’impact traumatique chez l’enfant est considérable, car tout d’abord, la plupart des violences trouvent leurs sources sur l’éducation du ou des enfants. Il est donc le plus souvent dans cette position de voir un de ses parents disputer, insulter, dénigrer, rabaisser, frapper l’autre parent. Ainsi naît un grand sentiment de culpabilité car  les enfants ont tendance à penser que c’est de leur faute. Face à cette violence, l’enfant met en place ce que l’on nomme le conflit non pas de loyauté, mais de protection, c’est à dire qu’il s’interroge sur « qui » il doit protéger en sachant qu’il ne peut pas protéger tout le monde, mère, sœur, soi-même…. Il se trouve dans un conflit interne en étant dans l’incapacité de répondre aux deux commandes, celle de protéger sa mère et celle se protéger soi-même. Ces situations l’amènent à se mettre en danger.

Autre impact, au cours de ces violences, l’enfant va observer que « quoique sa mère fasse » cela ne convient pas au père, et va entamer le respect de l’enfant sur le parent victime. Le manque de respect envers son parent victime est un des facteurs de difficultés dans la parentalité par une perte de confiance. La mère est disqualifiée par le père quoi qu’elle fasse et met en place des mécanismes de protection qui nuit au développement de l’enfant. Prenons un exemple :

Fin de journée, une mère donne le bain à ses deux enfants et entend son mari s’énerver car il ne trouve plus ses clés. La mère ne peut pas lui dire d’attendre au risque de provoquer des réactions fortes de la part de monsieur. Elle doit donc intervenir rapidement et s’offre à elle deux choix : sortir les enfants du bain et couper court à ce moment de soin, de relation, de stimulation avec ses enfants, donc au détriment du développement des enfants. Soit confier au plus âgé, le dernier de 18 mois, le temps d’aller répondre à la requête de monsieur, quitte à prendre un risque de laisser des enfants seuls. Il n’existe pas d’autres alternatives…

N’oubliez jamais que l’enfant n’est pas témoin des violences conjugales, mais il est victime.

Le profil des auteurs de violences

Dans la grande majorité des cas, l’homme ou le père est l’auteur de ses violences. Très souvent nous entendons à toutes les sauces, le terme « pervers-narcissique » qui n’est pas forcément employé à bon escient. Ici ce qu’il faut retirer est que les traits spécifiques aux auteurs sont communs et interdépendants :

  1. Tendance à être assez fusionnel, voir leur femme ou enfant comme une extension d’eux-même. Peur de la différenciation (anxiogène)
  2. Tendance à être égocentrique, le monde tourne autour d’eux, ce qui renforce la fusion précédente, tout ce qui est bon pour lui est bon pour tout le monde.
  3. Tendance au besoin de maitrise (sentiment) et de contrôle, ce qui reste compliqué avec les deux autres points (fusion et égo) car besoin de contrôler les autres
  4. La remise en question impossible et donc elle est retournée sur la responsabilité de l’autre, voire, des autres. La violence est ainsi justifiée par « c’est de sa faute »
  5. Seuil faible à la tolérance à la frustration qui génère de la violence

Ainsi, l’auteur ne peut se retrouver dans un modèle démocratique cité plus haut, bien trop insupportable de se trouver sur un pied d’égalité. Ces cinq caractéristiques correspondent au développement d’un enfant de 18 mois à 3 ans…Prenons un autre exemple :

Le soir au diner, monsieur se plaint de manger encore la même chose et se met dans une colère noire envers sa femme. Le lendemain, madame sert de la viande pour changer des repas habituels. Monsieur, à la découverte du repas, s’énerve à nouveau justifiant qu’elle n’avait pas à acheter de la viande et lui reproche de dépenser sans compter….Quoi que madame puisse mettre en œuvre, cela ne convient pas et ne conviendra jamais.

La séparation ne résout pas les problèmes

Il serait simple de penser que la séparation permet de stopper ces violences. Malheureusement, la plupart des drames interviennent lors de la passation de l’enfant lors des gardes posées par le Juge aux Affaires Familiales (JAF). Le phénomène de harcèlement de l’enfant lors des gardes va entrainer des questions répétitives de l’auteur envers l’enfant sur ce que fait sa mère car il n’a plus de maitrise. L’enfant sent alors les montées de tension du parent auteur et se trouve dans un problématique qui n’est pas un conflit de loyauté mais de protection cité plus haut.

Souvent les enfants victimes de violences conjugales sont dans l’évitement ou loi du silence. Il est nécessaire de commencer avec la violence, ne pas minimiser et éviter d’en parler sous prétexte de neutralité pour être ensuite à l’écoute des émotions. Les enfants vont chercher à réguler les émotions du parent auteur (être l’enfant parfait, dévier l’attention, se positionner en première ligne… bref un rôle de régulation du parent auteur mais du comportement de la victime), l’enfant peut aussi de mettre en position de parentalisation.

Vous avez été victime de violences conjugales, et aujourd’hui, adulte, vous vivez avec, sans pour autant être pleinement conscient des effets dévastateurs sur les processus éducatifs fondamentaux et des conséquences :

  • Identification : risque de s’identifier à l’auteur ou perte de l’identification du parent victime
  • Régulation des émotions : souvent la régulation n’intervient pas ou trop (enfermement, colère, peur…)
  • Perte de confiance et d’estime de soi, affecté dans ses liens relationnels avec les autres (honte, secret…)
  • De subir des violences conjugales car c’est devenu une norme…etc.

Et l’hypnose dans tout cela ?

Ce bref aperçu des violences conjugales (profil des auteurs, réactions des mères et conséquences sur l’enfant) a pour but de vous sensibiliser sur le regard que vous portez sur ces violences qui sont encore sous-estimées. L’hypnose doit et va apporter des réponses personnalisées au vu des situations singulières. Une thérapie par l’hypnose même brève ne peut reposer que sur des techniques hypnotiques sans maitrise des processus, des champs théoriques, des études et recherches. Pas de place à l’improvisation sur des traumatismes aussi profonds que complexes. Si vous avez vécu ces violences, peut être qu’aujourd’hui l’équilibre est trouvé. Si ce n’est pas le cas, peut être qu’enfant vous vous êtes retrouvé dans cette situation :

  • L’enfant « petit parent » : parentifié vis-à-vis de sa fratrie et de son parent victime, il veille à leur sécurité lors des passages à l’acte violents. Sa position d’enfant parentifié induit une autonomie précoce et donc fragile. Il peut présenter un tableau clinique anxio-dépressif. L’enfant « confident du parent victime » : il a accès aux sentiments, aux inquiétudes et aux projets de son parent victime et se positionne en complice. Suite aux passages à l’acte violents, il s’oppose à la minimisation ou au déni de son parent victime. L’éventuelle ambivalence du parent victime vis-à-vis de l’agresseur peut l’amener à perdre confiance dans la stabilité de l’adulte.
  • L’enfant « confident de l’agresseur » : il subit la tendance du parent auteur à justifier sa violence auprès de lui. Il se peut aussi que le parent auteur lui demande de le tenir au courant des faits et gestes du parent victime (sorties, dépenses, etc.). L’agresseur récompense l’enfant avec des privilèges ou avec l’absence de mauvais traitement. Cet enfant peut souffrir d’un sentiment de culpabilité vis-à-vis du parent victime, mais risque de s’inscrire dans un processus psychologique d’identification à l’agresseur pour gérer son angoisse.
  • L’enfant « petit agresseur » : le parent auteur de la violence l’encourage à agresser son parent victime verbalement ou physiquement en sa présence. Cet enfant s’inscrit dans un processus psychologique d’identification à l’agresseur avec des passages à l’acte violents.
  • L’enfant « modèle » : il tente de prévenir la violence et évite de provoquer des éléments qu’il croit générateurs de violence. Il excelle à l’école, évite de contrarier ses parents, tente de se débrouiller sans leur demander d’aide. Sa souffrance anxio-dépressive peut passer inaperçue en raison d’une présentation sociale hyper adaptée.
  • L’enfant « arbitre » : il essaie de maintenir la paix dans la famille, de prévenir la violence. Cela peut se traduire en demandant au parent victime de se montrer plus soumis afin de ne pas agacer l’agresseur. Ici encore, l’échec de sa tentative de maîtrise de la violence peut participer à une souffrance anxio-dépressive.
  • L’enfant « bouc émissaire » : c’est celui qui est désigné comme la cause des tensions familiales. Souvent, il s’agit d’un enfant souffrant d’un trouble du comportement, d’un handicap, ou issu d’une union précédente. Il est perçu comme le déclencheur des violences conjugales. Sa désignation comme responsable aggrave l’état de cet enfant d’un point de vue psychologique et altère son image de soi. (« un enfant exposé aux violences conjugales est un enfant maltraité » Fédération Wallonie Bruxelles)